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WANTED POSTER

■ Wanted PJiens, PJiennes, la traque est lancée autant chez les pro-olympiens, que les insurgés. C'est la guerre, il n'y a plus de limite en terme d'horreurs. Voici les récompenses capture.
□ Pour les divinités supérieurs | 300 PE de base - 500 PE pour la fuite ou la capture définitive. (concerne Ouranos, Zeus, Poséidon et Hadès)
□ Pour les divinités | 300 PE de base - 450 PE pour la fuite ou la capture définitive. (concerne olympiens, astraïens, dieux mineurs, astraïens)
□ Pour les chefs de camp | 300 PE de base - 300 PE pour la fuite ou la capture définitive.
□ chefs de brigade | 250 PE de base - 250 PE pour la fuite ou la capture définitive.
□ Les êtres surnaturels | 250 PE de base - 250 PE pour la fuite ou la capture définitive.
□ Les soldats insurgés, grecs et romains | 200 PE de base - 200 PE pour la fuite ou la capture définitive.
● Nota Bene ●
○ Les parques ont mis fin à l'ascension de Chaos en le renvoyant dans le néant ○ Zeus est de retour sur l'Olympe ○ Ouranos fait appel aux "anciens déchus" d'autres astraiens pour mener la guerre contre les olympiens ○ La "Grande Guerre" est lancée ○
○ Relancement du Wanted; Zeus et Ouranos lance la traque de leurs ennemis ○ Les grecs et les romains sont en désaccord pour la guerre des territoires ○ Les deux camps (grec et romain) sont également en compétition, pour la récompense honorifique ○
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« Out in the city, in the cold world outside, i don't want pity, just a safe place to hide. »

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I'm only human but sometimes I don't feel this way * Korra

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Ma petite quête sur moi
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Les pouvoirs: Guérison
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Korra V. Blueblood-King
Murder Princess * Nightmare dressed like a Daydream
Lun 25 Mai - 12:49
✓ Korra Valencia Blueblood-King


son caratère

Asociale * rebelle * méfiante * orgueilleuse * sans peur * je m’en foutiste * solitaire * râleuse * bagarreuse * chieuse * malpolie * ne respecte que plus fort que soi * renie l’autorité lorsqu’elle se sent enfermée * accro aux sports extrêmes et au danger * très joueuse * manipulatrice * trop fière * sans gêne * parfois cruelle * fidèle mais seulement à un nombre très limité de personnes (notamment celles qu’elle respecte) * courageuse si ce n’est imprudente * est facilement provoquée * aime la bagarre, l’alcool et le tabac * profite un peu trop de son pouvoir * si un supérieur lui dit non, elle sait par contre se tenir * très rancunière * n’oublie jamais un affront * est passée de la petite fille modèle à la rebelle inconsciente et dangereuse * digne * n’est pas du tout du matin * souriante * complètement dingue * sait se contrôler en public, mais se défoule en privé * têtue * parfois instable * hait facilement * a peur de s’attacher amoureusement

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en bref


⊱ AGE : 24 ans ⊱ DATE & LIEU DE NAISSANCE : 1er décembre 1990 à Los Angeles ⊱ ORIGINE & NATIONALITÉ : américaine avec des origines éloignées slaves et françaises ⊱ STATUT SOCIAL : célibataire ⊱ ORIENTATION SEXUELLE : bisexuelle (sa préférence pour un sexe ou l’autre dépend de son humeur) ⊱ GROUPE : partisans de Gaïa

⊱ Arbre de talents : Herboriste ⊱ PARENT DIVIN : Hygie ⊱ POUVOIRS : guérison ⊱ ARMES/OBJETS MAGIQUES : poings américains * rapière en Bronze Céleste se transformant en bracelet * médaillon lui indiquant le nord, comme une boussole ⊱ ANNÉES PASSÉES DANS VOTRE CAMP : 8 ans chez les grecs, 5 ans chez les partisans (dont 3 ans dans le coma)

fiche (c) oceanlounge.







son histoire

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]       Mon père est un sacré spécimen. Chirurgien militaire, vous voyez un peu le genre ? Toujours très à cheval sur les règles, très strict et un peu aristo sur les bords. Ça vient sans doute du côté français de son père, car oui, mon grand-père, François King était un soldat à la fois français et américain, sa mère américaine ayant eu un ébat d’un soir avec un français à l’époque. Je ne me suis jamais vraiment intéressée à mes arrière-grands-parents, mais ma grand-mère a toujours insisté pour me rabâcher les oreilles avec nos histoires de famille. Très important selon elle, et c’est vrai que pour les slaves la famille est au centre de la vie. Donc mon arrière-grand-mère s’est tapé un français dans les années 30 et résultat, mon bon vieux papi François est né. Celui-ci a décidé de dédier sa vie à l’armée, puis a passé le reste de sa vie en Californie. Comment ma grand-mère a débarquée, ça je n’en sais rien, c’est d’ailleurs la seule histoire qu’elle a toujours refusé de me raconter. Sans doute parce qu’elle a honte, même si elle garde toujours une attitude froide et fière. Pire qu’une impératrice sans cœur.

   D’ailleurs, ma grand-mère Elvira est un sacré phénomène elle aussi. Elle se considère « slave » la plupart du temps, russe lorsqu’il s’agit de vanter les mérites de notre famille et ses origines nobles d’après elle (chose que je n’ai jamais réussi à vérifier, pas que j’ai cherché, hein), polonaise lorsqu’elle cherche à éviter les conflits ou bien se faire plaindre. Je n’ai jamais compris pourquoi elle change de nationalité en fonction de ce qui l’arrange. Elle a toujours été étrange, rien avoir avec le cliché de la mamie qui vit avec ses chats et goinfre ses petits enfants de cookies. Mon grand-père est mort lorsque j’étais très petite, je ne l’ai jamais vraiment connu, trop jeune pour m’en souvenir, mais depuis ce jour-là, ma grand-mère est partie à New York où elle s’est remariée. "C’est pour me rapprocher du pouvoir" a-t-elle dit. Mon cul oui. Enfin, à l’époque, du haut de mes trois ans, j’ignorais l’existence des dieux et encore moins qu’ils vivaient aux Etats-Unis. Son nouveau mari d’ailleurs, encore un aristo blindé jusqu’aux as, n’a pas fait long feu et elle est devenue veuve pour la deuxième fois. Elle l’est restée cette fois-ci. N’empêche, elle a toujours été un drôle d’oiseau.

   Mais moi, je me foutais de tout ça. Vraiment. J’ai mentionné mon père tout à l’heure, et bien Théodore King était un chirurgien militaire. Il s’est marié, comme l’exigeait la mentalité très conservatrice dont il a hérité, pourtant, il n’a jamais eu d’enfants avec sa femme Melinda. Sa faute à elle, pas à lui, parce que des gosses en dehors du mariage, il en a eu un sacré nombre ! Moi, y compris. Elle était gentille Melinda. Trop pour supporter notre famille de dégénérés. On habitait à Los Angeles, sur la côte ouest des Etats-Unis. Je ne suis pas le premier enfant illégitime de mon père pourtant, Lysandre est venu avant. Mais à quelques mois près, parce que nous avons presque le même âge. Mais je vous parlerai de mon frangin préféré plus tard. Pour dire encore une dernière chose sur mon enfoiré et crétin de paternel, il a toujours eu un faible pour deux choses : les femmes hors de sa portée et se mettre dans ses situations de merde. "Toujours à aller se fourrer là où il faut pas, à se trouver au mauvais moment au mauvais endroit" disait ma grand-mère. Il a faillit crever à plusieurs reprises. Même qu’une fois, il a été contraint de tuer un homme. Le truc c’est qu’il avait ce petit quelque chose qui faisait que les femmes se jetaient dans ses bras. Certaines diraient son charisme, d’autres son ambition, d’autres encore sa virilité, son petit côté mystérieux ou bien encore sa rancœur cachée ou son sérieux glacial. "Il finira très mal un jour, à force" disais ma grand-mère du temps où j’habitais avec elle (période dont je vous parlerai plus tard). Ce que je ne savais pas non plus à l’époque, c’est que ces fameuses femmes avec qui il avait des liaisons n’étaient pas n’importe qui. C’étaient des déesses. Mineures, certes, mais faut pas pousser mémé dans les orties non plus, il n’était pas de taille à se taper le calibre d’une Olympienne. C’est donc ainsi qu’il a eu sept gosses avec les dénommées Némésis, Hygie, Iris, Bellone, Hécate, Eris et Chioné. Il en avait une huitième en tête, mais elle l’a toujours envoyé chier. C’était Nyx. N’empêche, moi ça m’aurait fait bizarre de vouloir me taper la mère de l’une de mes conquêtes, mais bon, chacun son kif. Donc en gros, mon père était un sacré bâtard.

   J’ai vécu les cinq premières années de ma vie dans un calme relatif. Du moins, c’était ce que tout le monde pensait et voyait. Pour la joie de mon père, j’étais la petite princesse parfaite, poupée en porcelaine, petite blondinette aux yeux bleus, terrible cliché russe. La fille parfaite, tel était le rôle qu’il m’avait attribué. Avec Lysandre, puis Tiber qui a deux ans de moins que moi, je n’avais pas le droit de sortir ne serait-ce qu’un doigt de pied du rang. Quand les yeux des autres étaient posés sur moi, quand mon père était à la maison (ce qui n’était pas souvent à cause de sa carrière qui l’envoyait aux quatre coins du monde) ou dès que Melinda nous surprenait, j’étais la petite fille modèle aux yeux de biche qu’ils voulaient tous que je sois. J’étais de famille noble soi-disant, les King ne peuvent pas se permettre de tomber dans la normalité des autres familles, tu es fille de médecin bon dieu, tiens-toi droite, les mains près du corps, ne parle que lorsqu’on te pose une question ou t’y autorise, bla bla bla. Mon père, ça lui tenait vraiment à cœur cette histoire de faire de ses gosses des petits bourges parfaits. Mais Melinda, bien qu’elle était gentille comme un ange, prenait bien trop de plaisir à nous inculquer cette foutue éducation datant du XVIIème siècle. À moins qu’elle ne le fasse pour notre bien, sachant pertinemment que notre père allait nous corriger s’il apprenait qu’on n’avait pas été parfaits durant de son absence. Au final, elle était peut-être aussi prisonnière que nous.

   Mais plus je grandissais dans ce cocon étouffant de bijouterie chatoyante et de fringues de marque, plus j’en avais marre. Le genre vraiment marre. Il m’a corrigée plus d’une fois, souvent plus que Lysandre et certainement trois fois plus que Tiber qui était la timidité incarnée. Tiber avait peur de notre père, Lysandre avait très vite compris qu’il fallait mieux ne pas le contrarier. Moi, j’en avais rien à cirer. Plus il me corrigeait, plus j’avais envie de mordre en retour. Ma petite rébellion a commencé très tôt. Lors de mon cinquième anniversaire, à la splendide fête organisée dans notre villa à laquelle tout le monde était bien entendu invité, je me suis présentée comme il le fallait dans une petite robe toute mignonne, mes anglaises dorées roulant sur mes épaules. Il n’a pas aimé que je grimpe dans l’arbre dans la cour pour récupérer un ballon qui s’était échappé. Tout le monde a mis la déchirure de ma robe sur le compte de la naïveté et maladresse enfantine, mais la correction de mon père le soir même ne l’a pas dupé. Je n’ai pas recommencé. Jusqu’à mes huit ans.

   C’était à cette période qu’il a décidé de se retirer de l’armée pour un moment, il avait de toute manière fait plus que le nombre d’années minimum qu’il se devait de faire et puis Lysandre et moi commencions à être assez grand pour "passer aux choses sérieuses" comme disait le paternel. Il a commencé par prendre sérieusement notre éducation en main et je dois avouer que le changement a été radical. Je savais lire, bien entendue, mais je détestais ça. Je préférais nettement sortir jouer dehors et profiter de la plage sur la côte ou bien faire du surf, chose que j’ai appris à faire presque en même temps que marcher (façon de parler, hein, je vois mal à nourrisson sur une planche). D’ailleurs le surf était l’une des rares choses que je ne faisais pas avec Lysandre, il déteste tous les sports aquatiques. Il n’a pas peur de l’eau, mais des requins. Pour en revenir à la lecture, le fait que les mots flottaient sur la page n’aidait pas. C’est sans doute pour ça que j’ai été découragée. Mais les coups sur les doigts ou l’arrière de la tête m’ont vite appris à me concentrer. Avant, je n’aimais pas mon père, mais à partir de ce moment-là, j’ai vraiment commencé à le détester. Et c’est donc lors de mes huit ans que j’ai vraiment laissé mon hyperactivité prendre le dessus. Mais je ne faisais pas simplement ma rebelle quand il nous éduquait, non, je le faisais au moment où il comptait sur moi.

   Par exemple, lors de mes dix ans. Toute notre famille, du moins celle qui vivait Los Angeles, parce que les autres mioches de mon paternel étaient répartis en deux groupes chez son frère et sa sœur, était invitée au discours de Monsieur le Maire. Belle réception, pourrie à souhait par les richous du coin, bref le milieu social favori de mon père. Et il y avait ce garçon du nom de Stanley, le fils du maire, qui n’arrêtait pas de faire son paon fier et d’être le parfait petit fils à son papa. D’une certaine manière, je faisais la même chose, tout ce que l’on attendait de moi, mais lui ça se voyait qu’il y prenait plaisir, qu’il était vraiment dans cette mentalité et qu’un jour, il allait finir comme son propre père, ou pire encore, comme le mien. Je n’ai pas réfléchi longtemps. Alors que le maire était sur le point de remettre sa récompense à mon père, une connerie d’histoire de ‘bon citoyen’ ou quelque chose dans le genre, j’ai demandé de l’aide à mon frangin Lysandre pour qu’il distrait les adultes à l’arrière de l’estrade et l’instant d’après, j’avais réussi à grimper à mon tour dessus. Stanley s’y trouvait déjà, bien entendu, dans l’ombre de son père et les deux adultes nous tournaient le dos. Je me suis approchée du garçon, attrapant son épaule pour qu’il me regarde et je lui ai mis mon poing dans la figure. Pas juste une claque de fillette, non, un véritable poing. Bon, du haut de mes dix ans, je n’avais pas autant de force que maintenant et je me suis plus faite mal qu’autre chose. Mais, que ce soit de douleur ou de surprise, Stanley est tombé en arrière, sur les fesses, se tenant sa joue toute rouge, l’incompréhension et l’outrage le plus total peint sur son visage. Tous les regards étaient braqués sur moi et c’est en levant haut la tête que je me suis approchée encore plus de lui et que je lui ai littéralement craché dessus.

   Ce fut la goutte d’eau qui déborda le vase. Mon père fit immédiatement ses plus plates excuses au maire et la façon dont il m’a tirée par l’oreille sur tout le chemin jusqu’à la voiture puis la maison aurait dû m’arracher l’oreille. Cette fois-ci, lorsqu’il m’a balancée dans le salon en hurlant toujours plus fort à chaque pas, ce n’est pas avec sa main qu’il m’a corrigée sur les fesses ou l’arrière de la tête. Non, cette fois-ci, il a enlevé sa ceinture et m’a frappée au visage. Sauf qu’il ne tenait pas dans sa main la boucle en métal, non ça c’était la partie qui a trouvé sa place sur ma tempe droite, là où j’ai encore une petite cicatrice aujourd’hui. Je ne lui ai pas adressé la parole durant une semaine entière, toujours enfermée dans ma chambre, ne descendant même pas pour manger, simplement pour passer par la case salle de bain de temps à autre, mangeant à même le sol dans la gamelle que Melinda laissait chaque fois devant ma porte, vulgaire prisonnière dans ma propre demeure. Je n’ai plus jamais revu Stanley.

   Les deux années qui ont suivies ont été extrêmement rudes, mais sans doute les plus belles de ma vie. Mon père était très vite retourné dans l’armée, Melinda n’avait absolument plus aucune autorité sur moi et je passais le plus clair de mon temps avec mes deux frangins Lysandre et Tiber. Tiber était mon partenaire de surf et de plongée, Lysandre mon compagnon de rallye. Nous passions des heures à jouer à cache-cache avec les poissons ou bien faire des courses dans le désert dès que nous réussissions à mettre la main sur une voiture potable à la décharge. J’ai entendu Melinda parler souvent à mon père à propos de sa correspondance avec ma grand-mère qui habitait à New York, elle y habite toujours d’ailleurs. Ma grand-mère était persuadée qu’elle était capable de me remettre dans le droit chemin, qu’elle connaissait des méthodes et un endroit où j’allais pouvoir me rendre utile et contrôler mes pulsions d’adrénaline et mon côté rebelle. Que j’allais enfin pouvoir devenir quelque chose.

   Ça lui a pris deux ans à ma grand-mère pour le convaincre de me faire venir à New York. L’évènement perturbateur dans mon histoire qui l’a convaincue s’est déroulé en 2002, peu de temps avant mes douze ans. J’étais en vacances chez ma tante Sophie, la sœur de mon père, chez qui j’aimais bien squatter même lorsque mon père ne m’y envoyait pas. Plus d’une fois avec Lysandre nous sommes venus lui rendre visite à Pahrump, presque en plein milieu du désert à côté de Las Vegas, à cinq bonnes heures de route de Los Angeles. Deux de mes sœurs y vivaient, élevées par ma tante. Katarina et Rain King. Rain encore ça va : je ne supporte pas son côté bourgeois, le fait qu’elle corresponde parfaitement à ce que mon père voulait que je devienne me mettait en rogne à chaque fois que je voyais ses grands airs de princesse. Mais une fois cela mis de côté et durant les quelques moments que nous avons été contraintes de passer ensemble, étant toutes deux de corvées de vaisselle par exemple, elle s’est avéré n’être pas si mauvaise que ça. Du moins, c’était supportable. Mais Katarina par contre… Elle s’est immédiatement opposée à moi. C’est comme deux ânes qui se rentrent dedans. Elle est aussi têtue que moi, si ce n’est plus. Et étrangement, c’est ce qui a fait que, malgré nos deux caractères forts et compétitifs, nous nous entendions plutôt bien. Enfin, jusqu’à ce que je décide de faire ma gentille et d’emmener tout le monde en balade.

   Il y a une raison pour laquelle seulement trois demi-dieux sont envoyés en quête à la colonie. Une raison bien précise et vitale, celle qu’ils attirent les monstres. Mais heureusement, nous étions petits et pas très puissants, tous des enfants de déesses mineures. Et puis, nous étions seulement des gamins d’entre douze et six ans. En gros cela donnait ça : Lysandre venait d’avoir douze ans, j’approchais de la fin de mes onze, Tiber avait dix, Katarina neuf et Rain presque sept. D’ailleurs, vous vous demandez sans doute comment j’ai appris à conduire et bricoler ? Pour le bidouillage, nous avons expérimentés seuls sur les carcasses de la décharge. Par contre, pour tout ce qui est de la conduite, Lysandre a toujours eu une excellente mémoire et est très doué pour les imitations. Forcément au début, cela nous servait simplement à nous fendre la gueule alors qu’il imitait les différents aristos et les dirigeants du moment. Mais lorsque les choses sérieuses ont commencées, ou plutôt lorsque nous avons décidés de donner pleine puissance à nos deux passions qui se rejoignaient parfois, ma passion pour les sensations fortes et sa passion pour la vitesse, et bien on peut dire qu’en espionnant les adultes durant des heures, il a plus ou moins appris tout seul. Bon, il conduisait comme un abruti, certes, mais il conduisait. Et c’est certainement parce qu’il conduisait comme un abruti que cet accident est arrivé, cet accident qui a poussé ma tante à prévenir mon père d’à quelle point je suis dangereuse, provocant ainsi mon déménagement express à New York dans les semaines suivantes.

   La journée avait pourtant bien commencée. C’étaient les vacances d’été, Lysandre, Tiber et moi étions chez notre tante Sophie depuis presque un mois déjà. Comme tous les matins, nous sommes sortis jouer avec Katarina et Rain. Et cette fois-ci, nous avions récupéré un ancien quad. Cela faisait trois jours déjà que nous l’avions découvert, abandonné dans le désert juste à côté de la route en direction de Las Vegas. Ce quad n’étant pas là la veille et après une heure d’espionnage cachés dans les fourrés, on a appliqué la règle du ‘personne ne vient le chercher, c’est à nous’. On l’a bricolé un peu (c’était une automatique, pas trop dur à conduire) et on a décidé de le tester. C’est donc avec toute la bande que nous sommes montés à l’intérieur. Mais comme je disais avant, Lysandre conduisait comme un abruti. Et c’est parce qu’il a fait le con que Katarina, après un quart d’heure de cris et de protestation, a exigé qu’on rentre, mais que Lysandre ne conduise pas. "Il est dangereux, il est irresponsable" a-t-elle dit puis a croisé les bras sur sa poitrine à l’arrière du quad où elle s’était serrée avec Tiber et Rain. Neuf ans à peine et déjà chieuse comme pas permis. C’est donc moi qui ai pris le volant. Lysandre avait baissé et le volant aussi j’avais accès aux pédales sans trop de soucis.

    J’ai conduis prudemment. Du moins au début. Mais après un certain temps, j’ai complètement oublié nos trois petits passagers de derrière. Tout ce que je voyais c’était la tronche boudeuse de Lysandre à mes côtés qui n’arrêtait pas de marmonner "Qu’est-ce qu’on se traîne franchement ! D’ici qu’on rentre, Sophie sera morte de vieillesse à ce rythme-là ! Vraiment, Korra, je ne te savais pas aussi soporifique ! Même la progression d’un escargot sera plus intéressante à regarder que ta conduite !" Ça m’a fait tiquer. Et puis, j’ai toujours assez facilement réagi à la provocation, surtout pour des petites choses de ce genre. Il ne faut absolument pas me dire que je ne suis pas capable de faire quelque chose sinon c’est fini, obligatoirement, je vais chercher à prouver le contraire. Et puis, j’avais complètement zappé mes trois frangins. J’ai donc poussé sur le champignon. J’avais beau avoir conduit un peu avant, je ne maitrisais pas l’engin, mais alors pas du tout et surtout pas à cette vitesse. Bon, ce n’était pas du 200 à l’heure, mais c’était suffisant pour que je ne puisse pas éviter ce rocher et faire basculer le quad sur le côté, suffisamment pour faire perdre l’équilibre aux passagers, mais pas assez pour retourner le véhicule. Alors après plusieurs secondes de flippe intense, le quad est retombé comme si de rien n’était sur ses roues, mais Rain avait eu le temps de tomber de la voiture et s’était gravement blessée.

    Je me souviens très bien de ce qui suit, bien mieux que des autres scènes de ma vie. Durant les minutes qui ont suivies, c’était comme si ma tête se trouvait sous l’eau, j’étais parfaitement consciente de la situation autour de moi, mais d’une certaine manière, l’adrénaline qui pulsait dans mes veines et faisait bourdonner mes oreilles me permettait de complètement ignorer les cris de Katarina, les pleurnichements de Tiber et les exclamations inquiètes de Lysandre. Je me souviens avoir été l’une des premières à descendre du quad et m’approcher de Rain qui gisait sur le dos, son bras ensanglanté jusqu'à l'épaule. Elle ne criait pas, gémissait simplement en essayant de bouger le moins possible comme un animal blessé qui attend le coup de grâce. Je me souviens m’accroupir près d’elle et toucher son épaule, la faisant grimacer. Je ne savais pas pourquoi j’avais fait ça, je savais juste que c’était la chose à faire. Je sentais que c’était la chose à faire. Et puis d’un coup, son bras a arrêté de saigner, son visage s’est adouci. J’ai pu lire une vague de réconfort dans les yeux de Rain avant que la gifle brûlante de Katarina me pousse en arrière. J’avais l’impression que cette gifle avait sapé toute mon énergie alors que c’était dû au soin que je venais de prodiguer sans m’en rendre compte.

    La suite, par contre, reste relativement floue. Je me souviens simplement que quelqu’un m’a soulevée, j’entendais vaguement des cris, mais je ne pouvais bouger. C’était comme si j’étais en train de rêver en étant éveillée. Lorsque j’ai vraiment repris mes esprits, nous étions de retourner à Pahrump, dans la cour devant la maison de Sophie. J’étais allongée à l’arrière du quad et la scène que j’ai vue en me redressant m’avais grandement étonnée sur le coup : Sophie est sortie de la maison, s’est précipitée vers Rain que portaient Lysandre et Tiber, Katarina était en train de tout lui raconter en me montrant constamment du doigt et me traitant de monstre. J’ai regardé mes mains tâchées de sang comme le sable du désert quelques instants plus tôt. Je ne comprenais pas ce qui s’était passé, comment j’avais réussi à arrêter le flot simplement en la touchant. Les engueulades constantes de Sophie durant les jours qui ont suivis avant que mon père ne puisse se libérer pour venir me chercher n’ont fait que m’enfermer davantage dans ma solitude. La correction du paternel ne fut pas facile à encaisser et lorsque Lysandre a avoué son rôle dans cette histoire et a essayé de prendre sur lui, il s’est fait corriger aussi. Nous sommes très vite partis de chez Sophie et Katarina ne m’a plus jamais adressé un mot gentil. Nous ne nous sommes plus jamais revues.

    Nous sommes rentrés à Los Angeles, mais mon père ne m’a pas laissé le temps d’enfiler un maillot pour filer à la plage et profiter des dernières vagues de l’après-midi avec Tiber, non, il m’a laissé dix minutes pour faire mes valises et m’a foutue dans le premier avion partant pour New York. C’est comme ça que j’ai commencé ma vie avec ma grand-mère. De la petite correspondance que j’ai eue avec Lysandre, notre paternel a été muté à Miami. On aurait dit que mon comportement rebelle et la déception que j’étais à ses yeux l’ont vraiment rendu dépressif. D’après Lysandre, il leur foutait la paix et Melinda s’occupait de mes frères. Eux non plus n’avaient plus aucun contact avec nos frangines de Las Vegas, mais ils ont rencontrés Flynn et Grace qui vivaient à Baltimore avec mon oncle Pierre.

    Le plus dur fut d’être séparée de Lysandre et Tiber. L’océan et le désert me manquaient aussi. Ma grand-mère était aussi stricte que mon père si ce n’est plus. Elle ne me punissait pas de la même manière, elle n’utilisait jamais la violence, mais ses propos étaient plus que blessants et humiliants. Je n’en avais rien à cirer au début et donc je passais le moins de temps possible dans sa petite maison de banlieue new-yorkaise, j’allais dehors, je trainais dans des endroits où je ne devrais pas, me faisant raquetter plus d’une fois au début, réussissant toujours à m’enfuir par contre, comme si mes jambes avaient toujours été faites pour la course. Heureusement qu’elles fonctionnaient mieux que ma tête de linotte. Je suis restée comme ça pendant deux petites semaines, observant les figures silencieuse et courbées dans les rues, les regards menaçants et intéressés, les quartiers malfamés, les voitures volées, les tours de passe-passe, les billets échangés contre des petits paquets blanchâtres, les fumées des cigarettes, les traces d’encre sur les bras des racailles, tout ce monde auquel je n’appartenais pas et qui me faisait autant peur qu’envie. Ces deux semaines furent suffisantes pour me permettre de bien repérer les lieux, mais aussi les catégories de personnes qui y vivaient et savoir à qui je ne devais pas chercher des ennuis.

    Puis ma grand-mère m’a emmenée à la colonie. C’est une autre scène dont je me souviens très bien aussi comme si les mots d’Elvira étaient gravés au fer blanc dans ma mémoire. "Où est-ce qu’on va, baba ?" ai-je dit en fixant le paysage défilant à travers la fenêtre. Elle était assise à côté de moi dans une position parfaite, la main droite posée sur la gauche au-dessus de ses jambes croisées, sa vieille robe prune sentant fortement la violette. Elle regardait droit devant elle, le menton relevé alors que nous étions seules, son chapeau à plumes positionné sur ses cheveux gris soigneusement attachés. Sa bijouterie ambrée capturait et reflétait le moindre rayon de lumière qui se faufilait dans l’habitacle. Elle a tout d’abord relevé légèrement le coin des lèvres comme un lévrier qui grogne lorsqu’elle a entendu le mot baba. Stara baba, un équivalent de vieille peau en polonais. Elle me balançait des mots slaves comme ça, alors moi aussi. Son expression m’indiquait toujours qu’elle détestait quand je faisais ça, mais la lueur de fierté dans ses yeux m’indiquait le contraire. "Là où l’on pourra enfin faire quelque chose de toi, gouvniajou." Ce qui littéralement signifie morveuse de merde. Elle n’a rien dit jusqu’à ce que le taxi s’arrête devant une colline. "Tu vas sortir et continuer ton chemin vers l’est jusqu’à ce que tu rencontres la barrière. Des gens te trouveront et te demanderont ce que tu fais là, malenka. Tu peux leur faire confiance, tu le dois ! Dis leur que tu connais Danny, fils d’Hermès. Ne leur parle pas de moi, ni de ton père, ni de tes frères et sœurs. Tu resteras jusqu’à la fin de l’été seulement et en août tu me reviendras. Je t’expliquerai tout à ton retour s’il le faut, mais je pense que ceux de la colonie s’en chargeront." J’avais rien compris à son charabia. C’était qui ce Danny et cet Hermès d’abord ? Mais avant que je ne sorte, elle m’a fourrée dans les mains un médaillon qu’elle m’a ordonné de porter quoi qu’il arrive. Que ça allait forcément me servir un jour et que ça pourrait même me sauver la vie, d’après elle. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que ce médaillon fonctionne comme une boussole, toujours indiquant le nord.

    J’ai fait comme elle m’a dit et j’ai trouvé cette fameuse barrière. L’un des demi-dieux en patrouille m’a menée devant Chiron lorsque je lui ai délivré le message d’Elvira. Il m’a immédiatement placée dans le bungalow des Hermès après avoir gobé l’histoire que je m’étais inventée comme quoi je venais de fuguer de ma famille à New York. Je n’avais aucune raison d’obéir à ma grand-mère, mais j’avais le sentiment que c’était important que je me la ferme pour une fois. Alors durant cette fin d’été, j’ai joué mon rôle de poupée de porcelaine et j’ai appris l’existence des dieux. J’ai refusé d’y croire au début, puis petit à petit, je me suis rendue compte que c’était vrai. À la fin du mois d’août, quand chacun préparait ses affaires pour rentrer chez lui, j’ai promis à Chiron de retourner dans ma famille et de leur expliquer ce que j’étais, une demi-déesse de… quel dieu, on ne savait pas. Lorsque je leur ai parlé de mon don de guérison, qui s’est vérifié durant une partie de capture l’étendard, ils ont cru que j’étais fille d’Apollon. Mais ce n’était pas possible. Il pensait Arès peut-être, vu la façon dont je 'tirais constamment la gueule' d’après eux. Et il est vrai que je m’entendais bien avec le bungalow 5. Mais ma mère était une déesse, c’était obligé. Mais je ne tenais pas grand-chose ni d’Aphrodite, ni d’Athéna, ni de Déméter. M’enfin beaucoup pensait que j’étais la fille de cette dernière, moi, tout ce que je savais, c’était qu’à la fin de l’été 2002, je n’avais toujours pas été déterminée et que j’allais passer l’été suivant dans le bungalow 11.

    J’ai mis très peu de temps à rentrer chez ma grand-mère une fois que ma période estivale à la colonie fut terminée. Elle se trouvait dans la cuisine, comme à son habitude, un classique russe du XIXème siècle ouvert devant elle sur la petite table ronde, ce jour-là, c’était ‘Anna Karénina’. Elle n’a pas relevé la tête lorsque je suis entrée. Pourtant j’ai claqué la porte d’entrée et j’ai balancé mon sac à travers l’intégralité du couloir, lui faisant percuter le meuble en acajou sur lequel repose un vase en porcelaine. Le vase a vacillé, mais il n’est pas tombé. Pas encore. J’y arriverai la prochaine fois. Je me suis ensuite plantée devant ma grand-mère m’asseyant à ses côtés. "Pourquoi tu m’as envoyée là-bas, baba ?" J’étais en colère, oh que oui. J’en avais marre qu’on m’utilise. D’abord mon père pour que je sois sa poupée de porcelaine, maintenant ma grand-mère qui se débarrassait de moi. Elle a refermé son livre tout doucement, comme au ralenti, a enlevé ses lunettes fines et les a déposées devant elle, tout bien ordonné. Ce n’est qu’après que son regard glacial a rencontré le mien et à ce moment-là je me suis vraiment, mais alors vraiment sentie toute petite. L’intensité de ses mots ajoutée au ton froid de sa voix m’a presque glacée sur place. "Tu n’es rien pour l’instant et ce n’est pas auprès de ton abruti de père que tu deviendras quelque chose."

    Je me souviens m’être brutalement levée et avoir écrasé mon poing sur la table, la secouant légèrement. "J’ai failli crever là-bas ! Ok, mon sang est spécial, mais t’aurai pas pu me le dire plutôt ? Me prévenir au moins de ce qui m’attendait là-bas ?" Elle a tourné la tête dans ma direction lorsque je me suis mise à faire les cent pas dans la cuisine, me tenant les cheveux. "Des dieux, sérieusement ! Comment as-tu pu me cacher quelque chose d’aussi gros ?!" Son regard m’a capturée de nouveau. "Apprendre à la dure est la meilleure façon. Tu deviendras une grande guerrière, tu seras quelqu’un de reconnu et de puissant parmi tes semblables. Et puis, tu ne m’aurais pas crue si je t’avais dis la vérité." Elle a ensuite joint ses mains au-dessus de ses genoux de la même manière digne que quand elle m’avait envoyée à la colonie. Cette position qu’elle adoptait très souvent en ma présence, comme une baronne s’adressant à sa femme de chambre. "Est-ce que le paternel est au courant de… tout ça ? De l’existence des dieux, du fait qu’il a baisé des déesses ?" Elle a grimacé face à la familiarité de mon langage et en a profité pour me rappeler une nouvelle fois que je ne suis pas seulement une King, mais aussi une Blueblood de son côté, le sang bleu, le sang noble. Je n’en avais toujours rien à cirer. "Non, tout ce qu’il sentait avec ses conquêtes était qu’elles étaient spéciales, puissantes. Cet abruti est encore plus inculte et inconscient que toi." A-t-elle dit ensuite. Légèrement calmée, j’ai arrêté de promettre à mon crâne une perruque. "Pourquoi Danny ? Qui c’était ?" Elle n’a pas baissé la tête pourtant elle semblait être sur le point de le faire. J’avais touché un point sensible et le seul point sensible de ma grand-mère était ses origines. "Danny était mon frère adoptif, un fils d’Hermès qui a fini par aller à la colonie. Il a péri durant une quête alors que je découvrais à peine ce monde comme toi." Je n’y comprenais rien. "Mais tu n’es pas une demi-déesse alors comment…" Pour la première fois de mon existence, je l’ai vue soupirer. "Je vois tous les secrets de ton monde, j’ai vu ces monstres, toutes ces choses étranges qui se produisent, mais que les autres mortels ne voient pas." Lorsque je lui ai demandé de me parler plus de Danny, de me raconter comment elle était arrivée aux Etats-Unis, comment ça se faisait qu'elle voyait à travers la Brume, elle s’est immédiatement braquée et s’est levée. Son livre dans une main, les lunettes dans l’autre, elle a simplement ajouté en quittant la pièce "À partir d’aujourd’hui, je ne veux plus jamais entendre parler des dieux, de ton monde et de la colonie. Pas d’exceptions. À partir de maintenant, fait ce qui te chante, tu auras toujours une chambre ici. Ma mission est terminée, j’ai fait ce que j’avais à faire." Son silence à ce sujet fut ma punition éternelle pour avoir osé aborder son unique point sensible.

    Nous n’avons plus jamais parlé des dieux et je n’ai même pas osé les mentionner devant elle. J’avais presque douze ans. Et à cette époque, je ne savais vraiment pas quoi faire de ma vie. J’avais l’impression que ma grand-mère avait attendue toute sa vie pour me déplacer d’un endroit à un autre, me retirant des bras de mon paternel pour me placer dans ceux de Chiron, comme si j’étais un cadeau empoisonné qu’elle voudrait refiler à quelqu’un sans prendre la peine d’enfiler des gants. Je suis donc retournée à la colonie l’été suivant et j’ai dévoilé la vérité à Chiron. S’il y a bien un moment dans ma vie où j’ai été franche et sincère, c’était là. Je lui ai parlé de ma ribambelle de frangins, de Lysandre et Tiber à Miami, de Katarina et Rain à côté de Las Vegas, mais aussi de Flynn et Grace, les deux derniers de la tribu dont s’occupait mon oncle Pierre à Baltimore. Chiron a envoyé des satyrs les chercher, mais ils ne sont pas arrivés tout de suite. J’ai donc passé fin 2002 et début 2003 chez ma grand-mère à New York, trainant de plus en plus dans des endroits pas très fréquentables. Je n’ai jamais appris qui était ma mère lors de mon séjour à la colonie, j’étais de ceux qui n’étaient jamais déterminés. Et quand mes frangins sont arrivés, nous nous sommes tous retrouvés dans le bungalow des Hermès, déjà bondé à l’époque. Presque tous les King au même endroit, ça ne faisait pas bon ménage, surtout avec ce qui s’était passé Pahrump. Sauf que je trouvais une chose extrêmement bizarre : Katarina et Rain ne sont jamais venues. Lorsque le satyr qui devait aller ramenées est revenu, il m’a dit qu’elles ne se trouvaient nulle part près de Vegas et que la maison avait été brûlée. Les incendies étant communs dans cette zone, je n’ai pas cherché plus loin. N’empêche, je trouvais ça très con de mourir comme ça.

    Je passais beaucoup de temps à New York lorsque je n’étais pas à l’école, je séchais souvent. Rebelle jusqu’au bout. À un moment donné je me suis teint les cheveux en rousse, des fois j’étais blonde, des fois rousse, tout dépendait de mon humeur, mais je variais entre les deux. C’est durant mes années à la colonie qui j’ai eu mes deux tatouages aussi. Le premier étant une vague tribale entourant mon biceps droit, le deuxième étant un cactus à l’extérieur de ma cheville gauche. L’océan et le désert, des extrêmes, comme moi. J’ai commencé à fumer à un moment donné aussi, mais je ne saurai précisément dire quand outre que c’était après mes quinze ans. C’est d’ailleurs lorsque j’avais quinze ans que j’ai décidé de rester à la colonie toute l’année, voulant indiquer ainsi à ma grand-mère qu’elle pouvait aller se faire foutre. J’ai commencé à boire aussi et à faire des soirées avec des gens pas très fréquentables. Je me suis bagarrée et j’ai fait des trucs dangereux, rien que pour sentir de nouveau l’adrénaline dans mes veines. Parce que les combats à la colonie, c’était bien, mais ce n’était pas pareil, mais vie n’était jamais vraiment en danger. Alors que dans la rue, c’était différent. C’est l’une des rares choses à propos desquelles je me suis disputée avec Lysandre, il n’aimait pas mes activités. Plus d’une fois je me suis réveillée dans un lit inconnu, aux côtés d’un mec ou d’une meuf (tout dépendait de mon humeur) que j’avais rencontré la veille, que j’avais battu dans une course de moto et avec qui je m’étais ensuite battue parce que c’était un mauvais joueur. Souvent quand je fuyais la colonie, c’était ça : clope, bière, course, baston, clope, whisky, sexe, quelques heures de sommeil, clope, wodka et retour à la colonie. Parce que oui, j’y retournais toujours assez vite. J’espérais que ce jour-là allait être le jour où j’allais enfin être déterminée. J’étais conne d’être aussi naïve.

     C'est un jour comme ça, après l'une de ces fameuses escapades que j'ai fini chez ma grand-mère. À cette période, Lysandre commençait à comprendre ma passion étrange pour le danger, mais ne la partageait pas, ce n'est que lorsque nous avions tous les deux vingt ans qu'il est devenu mon partenaire de jeux dangereux. Donc, chez ma grand-mère, je me suis réveillée dans mon lit alors que je n'y avais pas mis les pieds depuis des mois. Je ne me souvenais même plus de comment j'y étais arrivé. La dernière chose dont je me souvenais d'ailleurs, c'était le sourire de cette blonde à forte poitrine qui m'embrassait. Brenda ? Bella ? Betty ? Va pour Betty, Betty Boop tiens. Donc le sourire de Betty Boop et son incroyable balcon, puis elle s'est arrêtée un moment pour nous servir du rhum, l'un des pires Bacardi que j'ai jamais bu au passage, et après cette gorgée, c'était le vide complet. Étrangement, je n'étais pas plus inquiète que ça. J'avais donc quitté mon lit, parce que la pièce ne tournait pas, j'avais une très bonne résistance à l'alcool à force, et j'avais percuté un objet en verre qui avait roulé sur le sol. La fameuse bouteille de Bacardi de Betty Boop. Lorsque je l'avais prise, j'avais remarqué la trace de rouge à lèvres sur le col, visiblement, Betty Boop s'était enfilée le reste toute seule, la salope. Et juste en dessous, écrit avec ce même rouge à lèvres, un petit 06. En haussant les épaules, j'avais balancé la bouteille à la poubelle. Il fallait que je retourne à la colonie, je n'avais rien à faire chez ma grand-mère. En passant dans le couloir près de l'entrée, j'avais trouvé ma grand-mère en train de lire un autre de ses livres, mais cette fois-ci, je me foutais royalement du titre. Je voulais simplement prendre une bonne douche et aller taper sur un incapable à la colonie. En passant dans le couloir, j'avais pourtant percuté le vase qui s'était fracassé sur le sol. Évitant soigneusement les morceaux, j'avais ouvert la porte, puis j'avais crié "À plus, baba." "Tu me dois un vase en porcelaine, gouvniajou." A-t-elle dit. J'ai souris et j'ai claqué la porte.

    Au fur et à mesure des années, je me suis tout de même bien prise la tête avec les autres campeurs. Je ne renonçais jamais à un défi et répondais immédiatement aux provocations. Je m’en suis pris des coups, mais je me suis toujours débrouillée pour me soigner moi-même, c’était la seule bonne chose que je savais faire. Ma relation avec mes frangins à bien changée. Lysandre (même âge) est resté mon pote de toujours, mais en arrivant il est devenu bien moins rebelle et plus calme qu’avant, Tiber (deux ans de moins) était toujours aussi timide si ce n’est plus et me suivait comme un petit chien, m’obéissant au doigt et à l’œil ce dont je profitais un peu trop je l’avoue. Flynn (six ans de moins) profitait de mes ‘perturbations’ pour semer lui aussi le désordre, il adorait m’utiliser pour provoquer des conflits et malheureusement j’étais douée pour ça. Quant à Grace (sept ans de moins), elle était tellement passive et gentille pour une demi-déesse que je me demande si elle est réellement ma sœur.

    Puis en 2007, alors que j’avais dix-sept ans, un évènement est venu perturber nos vies. Chiron m’a appelée dans son bureau et m’a donné une lettre, une lettre que Melinda en personne m’avait envoyée.

    "Korra,
      Je suis désolée de te l’apprendre comme ça, mais ton père a eu un accident. Lors de son dernier voyage, il a été pris dans un conflit et ne s’en est pas sorti. Son enterrement a eu lieu la semaine dernière, je ne pouvais pas attendre. Je vous enverrai le peu d’affaires à Lysandre et Tiber qui restent ici puis je vendrais la maison de Miami. Je vais commencer une nouvelle vie, je vais tourner la page. Je te laisse la tâche d’annoncer cette nouvelle à tous tes frères et sœurs.
      Restez ensemble,
      Melinda King Scott"


    Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer. Je n’avais jamais été trop proche d’elle au point de la considérer comme ma mère, mais quand même. Depuis ce jour, Melinda est resté un souvenir négatif dans ma mémoire et étrangement, j’ai détesté toutes les Melinda que j’ai rencontrées par la suite. Sans aucune raison, juste parce que. J’ai donc pris la lettre et je suis partie annoncer la nouvelle aux frangins, tous réunis dans le bungalow 11. Dès qu’ils ont vus ma tronche, ils ont su que quelque chose n’allait pas. Et comme souvent dans ce genre de cas, Grace était déjà sur le point de sortir, il n’y avait que les King dans le bungalow en fait. "J’ai un truc important à vous dire, les mioches. Cela concerne le paternel." Grace s’est immédiatement arrêtée et j’ai ignoré son regard interrogateur, je me suis simplement appuyée contre le mur au centre du bungalow, faisant face à tout le monde. "Je viens de recevoir cette lettre de la part de zdira Melinda. Elle dit que le paternel est mort." Melinda la salope, oui, j'ai l'habitude de dire ça. J’y suis allée franco, je n’ai jamais été douée pour le tact de toute manière. Grace s’est immédiatement mise à pleurer. J’ai tendue la lettre à Lysandre qui l’a lue à voix haute, avant que Flynn ne lui arrache des mains pour vérifier par lui-même. "Pourquoi elle te l’a envoyée à toi, d’abord, zmiya ?" A-t-il commencé. S’il me traite de nouveau de vipère, je lui explose sa face. Je n'en avais absolument aucune idée, peut-être que je suis celle qui a le plus fait chier Melinda donc elle m’a le plus retenu, en tout cas, j’ai simplement haussé les épaules face à sa question. "T’es loin d’être la plus responsable d’entre nous tous, que je sache ! T’es même la plus irresponsable et la plus dangereuse !" J’ai croisé les bras sur ma poitrine. "Au moins je ne suis pas la plus coincée. Sérieusement Hassan, on dirait un légionnaire avec un balai dans le cul !" Bien entendu, à l’époque je ne savais pas encore qu’un camp de demi-dieux romains existait bel et bien et que cette insulte avait plus que tout son sens. Et puis nous avions tous cette habitude dans la famille d’utiliser nos deuxièmes prénoms quand on s’engueulait, c’était assez drôle parfois.

    Son visage est devenu tout rouge et il a lancé la lettre à Tiber avant de me faire face. "Répète un peu ça, Valencia !" Un sourire machiavélique est apparu sur mes lèvres. "Oh, mais avec plaisir, tu sais ce qu’est un balai au moins ? On sait jamais, je préfère demander parce qu’un fils d’Athéna, t’en est sûrement pas un, brillant comme t’es !" Lysandre m’a bloqué les bras dans le dos tandis que Tiber se chargeait d’immobiliser Flynn. "Santiago, tu vas me lâcher oui ?" J’ai hurlé à Lysandre et il m’a emmenée vers l'entrée. Il savait très bien que je n’allais pas laisser tomber cette dispute aussi il m’a foutue dans l’entrée du bungalow, m’empêchant de passer, mais sans me mettre à la porte non plus. J’ai observé mes frangins un à un, entre Grace/Tara qui chialait, Flynn/Hassan qui boudait maintenant que Tiber/Casper l’avait lâché, ce dernier qui s’est posé sur son lit comme pour éviter de s’en prendre plein la tronche et enfin Lysandre/Santiago qui me barrait toujours le passage avec ses gros bras costauds. "Molo Korra. Nous sommes tous des King, nous devrions arrêter de…" J’ai planté mon regard dans le sien. "Vous peut-être, mais moi je suis plus une Blueblood." Comme stara baba j’ai voulu ajouter, mais je me suis retenue. Puis sans un mot de plus, je suis sortie du bungalow.

    Je suis partie me défouler à New York, ne suis rentrée que le lendemain soir après une partie de strip poker durant laquelle je m’étais fait trente dollars que j’avais immédiatement claqués dans une bouteille de Sobieski et un paquet de clopes. Ça m’a pas suffit et il a fallut que j’ajoute trois shots de Bacardi pour déstresser complètement. Je suis revenue à la colonie les mains dans les poches, mon paquet vide que j’ai immédiatement mis à la poubelle en arrivant et avec un magnifique bleu sur la joue. Enfin non, le bleu c’était hier, je l’avais fait disparaitre au réveil avec mon pouvoir. J’étais comme ça. Quand ça n’allait pas, j’allais me défouler en privé et souvent cela sous-entendait bagarre, alcool et clopes, parfois sexe. Quant à la façon parfois abusive dont j’utilisais mon pouvoir, bref passons…

    Trois autres années sont passées sans trop de soucis. J’évitais juste presque tout le monde. Mais une rencontre particulière a commencé à changer les choses. Un soir, j’ai surpris Luke derrière le bungalow 10, comme s’il complotait quelque chose. Je ne faisais que passer, mais lorsque j’ai vu son attitude cachottière, mon côté rentre-dedans n’a pas réussi à rester en laisse et il a bien entendu fallu que je le provoque. "Alors comme ça, t’espionne Swinou, espèce de petit cachottier !" Il n’a rien dit et s’est simplement barré. Quelques jours plus tard, il avait quitté la colonie avec un petit groupe de demi-dieux. Il m’a fallut plusieurs mois pour comprendre que, peut-être, Luke avait trouvé une autre façon de vivre que dans ce système de bungalow par lequel je n’avais jamais été acceptée. Je n’y ai pas cru au début, je ne voulais pas me faire de faux espoirs, j’étais très méfiante durant plusieurs années, mais la tentative de voir si je pouvais vivre mieux ailleurs était trop tentante.

    Je les ai rejoints en 2010 alors que j’avais vingt ans. J’ai très vite découvert que j’étais fille d’Hygie, déesse mineure de la médecine et les partisans m’ont accueilli comme une vraie famille. J’étais loin d’être sociale, mais au moins avec eux, je savais enfin qui j’étais, j’avais une chance de faire quelque chose, je n’étais pas exclue à cause d’une pauvre histoire de bungalow. Je crois que c’est la chose qui me met le plus en rogne, cette façon de séparer les demi-dieux par sang et de ne pas prévoir toutes les possibilités. J’avais définitivement rompue les ponts avec mes frangins, mais les souvenirs que j’avais partagés avec Lysandre et Tiber étaient trop forts pour que je puisse leur en vouloir de ne pas m’avoir suivie. J’ai essayé de les convaincre de me rejoindre et l’un d’entre eux l’a fait, trois mois après moi.

    Lysandre a beaucoup changé à ce moment-là. Moi aussi d’ailleurs. Je n’éprouvais plus aucun remord pour toutes mes activités dangereuses et mes tendances délinquantes, j’assumais parfaitement et c’était même une routine, même si l’armée de Cronos restait une armée. Il fallait rester dans le rang, ça j’avais compris, ça ne m’empêchait pas d’être calme quand il le fallait et me défouler dehors. Je détestais les ordres et me rebellais contre toute idée de société que je trouvais injuste, mais je respectais mes supérieurs hiérarchiques parce qu’ils étaient plus forts que moi. J’ai toujours respecté plus fort que moi. Même mon père, bien que je lui aurais craché à la gueule avec plaisir, j’avais un certain respect quand il était fort. On a apprit que Lysandre était fils de Némésis. Il est devenu bien plus sombre qu’avant. Il aimait toujours autant la vitesse, mais son autre passion qu’était la débauche prenait aussi une grande partie de son temps. Quant à Tiber, cela me peine de le dire, mais il était trop faible. Il n’avait pas assez de conviction pour être un partisan, pour être un demi-dieu tout court. Il voulait abandonner. Il a abandonné. Il s’est dégonflé au dernier moment et n’a pas suivi Lysandre, il a préféré rester avec Flynn fils d’Eris et Grace fille de Chioné. Sérieusement, si Tiber était venu chez les partisans, il se serait fait bouffer tout cru.

    J’ai passé de bons moments avec Lysandre durant les deux années qui ont suivies. Il était mon partenaire de jeux dangereux et nous protégions l’un le dos de l’autre. Pourtant, ce n’est pas avec lui que j’ai passé le plus de temps chez les partisans, du moins pas au début, pas quand il n’était pas là. J’avais une coloc au camp des partisans à New York, Eloïse. Elle était pas difficile à vivre du tout, un peu comme moi sauf que j’ai toujours eu l’impression que rien ne pouvait ébranler cette fille. Quand moi j’aurai sauté à la gorge du petit morveux ayant osé m’insulté, elle lui aurait trouvé une punition complètement différente ou n’aurait même carrément pas réagie du tout. Le fait qu’elle ne posait pas de questions et en avait un peu rien à foutre était tant mieux. Elle me faisait pas chier alors je la faisais pas chier non plus. Nous fonctionnions comme ça.

     Je me souviens une fois j’étais partie à New York participer à une course de moto qui s’était d’ailleurs assez mal terminée. Un connard avait décidé de me tirer dessus sur le dernier tournant pour me déstabiliser et me faire basculer, me doublant ainsi, sauf qu’il s’est bien loupé. Bon, j’ai quand même perdu le contrôle de l’engin et je me suis rétamée, mais cette blessure n’était rien que je ne pouvais soigner. En cinq minutes, c’était réglé. Sauf qu’il a fallut que je refasse le portrait à cette enflure et mes poings américains se sont avérés bien utiles. J’ai souvent frappé, jamais tué. Sauf cette fois-là. Assise sur lui, mes poings devenant rouges, il a fallut que d’autres motards viennent me déloger de là parce que je lui avais dégommé la face. Il n’est pas mort tout de suite, oh non. Il a souffert comme un gros pourri durant un bon quart d’heure, le temps qu’il a fallu aux autres participants et ceux qui regardaient en prenant les paris pour me retenir et me maîtriser sans me faire mal. J’étais une véritable furie, je ne me souviens pas avoir été un jour aussi énervée que ce jour-là. Ils ont bien essayé de l’aider, ce salopard gisant sur le sol, la gueule défigurée et sanglante. Sauf qu’ils étaient pas médecins et que c’était la loi de la jungle là dehors. J’aurai pu le sauver. Avec mon pouvoir, j’aurai pu. Mais j’ai décidé de le laisser crever là comme une pauvre merde abandonnée. Tué par une gamine de tout juste vingt ans, faible, voilà ce qu’il avait été alors que j’avais été forte. Plus forte que lui. Suffisamment pour devenir enragée et lui ôter la vie.

     Je ne suis pas rentrée tout de suite. Des coups m’ont été offerts au bar du coin alors j’ai pas dit non. Et entre deux vodkas, il y avait la pause clope. Je ne me souviens même plus combien de cigarettes j’ai taxées ce soir-là, ni combien de verres je me suis enfilés. Tout ce dont je me souviens, c’est que je me suis bien bourrée la gueule pour oublier la face de ce type qui avait essayé de me tuer quelques heures plus tôt. Mais je n’ai pas oublié le moins du monde. À un moment donné, j’ai même voulu appeler mon père pour lui demander comment il avait fait pour s’en sortir après un tel acte avant de me souvenir qu’il n’était plus là non plus. Un connard de moins sur Terre. Puis je suis rentrée au camp dans un sacré état : les vêtements déchirés, des traces de sang et de cambouis sur mon visage et mes mains, de boue aussi, quelques coupures et la moitié d’une bouteille de vodka renversée sur ma veste de cuir, celle-ci puant aussi la clope à plein nez. Eloïse était là, tranquillement posée. Elle a simplement levé les yeux vers moi quand je suis entrée et a déclaré d’une voix neutre "Prends une douche. Tu pues." Bonne vieille Eloïse. Jamais elle ne m’a demandé ce qui s’était passé. Ni lors des entraînements, des missions, des sorties, des soirées, jamais. Et c’était très bien ainsi. Je l’aimais bien cette fille, enfant de déesse mineure comme moi. Nous étions pareilles.

     Puis la bataille de Manhattan a eu lieu en 2012. Nous nous sommes battus. J’ai affronté ma plus petite sœur ce jour-là, Grace, fille de Chioné. Elle a fait l’erreur de se mettre en travers de ma route. Elle avait à peine quinze ans, la gamine. Elle s’est placée devant moi, ses mains tremblaient alors qu’elle essayait de tenir son arme le plus stablement possible, son armure à peine accordée à sa silhouette. Elle était ridicule et pourtant, elle me faisait pitié. J’avoue avoir eu un pincement au cœur lorsque j’ai dégainé ma rapière. Je savais que l’une de nous deux n’allait pas sortir vivante de ce combat. Personne n’est venu à son aide lorsqu’elle m’a fait face, ils étaient tous trop occupés à défendre leurs propres vies. Nos lames se sont croisées, elle manquait cruellement d’expérience. Je n’étais pas une guerrière du calibre de Johanna non plus, mais j’arrivais à me démerder. Plus qu’elle. Bien plus qu’elle. Mais la plus grande différence entre nous était que je n’avais pas peur. Je n’ai pas hésité. Il n’y avait pas cet espoir dans mes yeux, cet espoir que j’ai lu dans les siens. Elle espérait que je retourne à la colonie, que je change de camp. Cette lueur à disparut lorsque ma lame a pénétré sa poitrine, transperçant la chair. Elle fut à terre en moins de deux secondes, la bouche ouverte comme un poisson hors de l’eau, ne parvenant pas à croire ce qui se passait. Elle a poussé son dernier souffle alors que je tournais la lame dans la plaie, mon visage inexpressif. Je suis restée plantée là, la main toujours sur la poignée de mon arme, celle-ci toujours plantée dans son corps durant de longues minutes, jusqu’à ce qu’on m’assigne ailleurs.

     Lysandre n’était pas avec moi, il avait été assigné à un autre tunnel. Le mien, c’était le Holland Tunnel. Celui que les Héphaïstos ont fait sauter. Avec moi pas loin. La dernière chose dont je me souviens c’est le plafond du tunnel qui m’est tombé dessus.


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Korra V. Blueblood-King
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Lun 25 Mai - 12:49

ses pouvoirs

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Guérison : Grâce à ce pouvoir je peux guérir les blessures les plus superficielles et parfois celles qui sont vraiment graves. Il me faut obligatoirement un contact physique et plus la gravité de la blessure est importante, plus la guérison me puise d’énergie. Il y a aussi de grandes limites à ce pouvoir, je ne peux pas tout guérir, les blessures extrêmement graves et complexes sont pour l’instant hors de ma portée et je ne peux rien faire en cas de décès.


Le rp test

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]7 mai - Le premier sens qui me revient est l’ouïe, pourtant, c’est dans un quasi silence que je me trouve. Ma tête se trouve dans un brouillard pas permis, je n’ai absolument aucune idée de ce qui se passe, où suis-je ou bien qui suis-je même. La seule chose dont je me souviens c’est une douleur sans pareil, une souffrance incroyable que je n’ai pas réussi à supporter. Serai-je morte ? Dans ce cas, pourquoi je ne me trouve pas dans les enfers d’Hadès ? Hadès, c’est qui celui-là ? Je crois que je suis censée connaitre ce nom, mais ça ne me dit rien de plus. Pourquoi je n’arrive à me souvenir de rien ? Et c’est au moment où je pense cela, que les premiers souvenirs reviennent.

     Plutôt comme des impressions en fait, des flashs de la vie de quelqu’un, comme si j’étais un tiers complètement extérieur. Je vois des vagues turquoises s’écraser à mes pieds, la chaleur du désert souffler sur ma peau, son sable soulevé par le vent et venant fouetter mon visage, les regards inquisiteurs des gens autour, la main violente de mon paternel, la douleur sur ma tempe, le regard brillant de Lysandre, le sourire maladroit de Tiber, ma planche de surf favorite, une petite robe déchirée, les carcasses des voitures de la décharge, la maison de Sophie dans le désert, le vieux quad, le regard effrayé de Rain, les reproches brûlants de Katarina, le trajet en avion Los Angeles-New York, le parfum de violette de ma grand-mère, son vase de porcelaine dans le couloir menant à l’étage, la conversation dans le taxi, mes premiers combats à l’épée, la dispute avec ma grand-mère, les années constantes à la colonie, mes jeux dangereux, mes colorations fréquentes, mes deux tatouages, les bouteilles d’alcool et les paquets de clopes, les soirées fabuleuses, les réveils dans des lits inconnus, l’arrivée de mes frangins, l’amusement de Flynn, la gentillesse de Grace, le sourire de Betty Boop, la lettre de Melinda, la prise de tête dans le bungalow, les cachotteries de Luke, mon arrivée chez les partisans, ma collocation avec Eloïse, la joie de revoir Lysandre, la trahison de Tiber, nos jeux dangereux, mes amitiés avec les autres partisans, la bataille de Manhattan…

     J’ouvre brusquement les yeux et me redresse sur le lit d’hôpital sur lequel je suis couchée, une couverture me recouvrant. J’observe les alentours, on dirait une sorte d’infirmerie. Un verre d’eau est posé sur la table de chevet à mes côtés, ainsi que mon médaillon et la chevalière de Lysandre. Je sais qui je suis. Tout va bien. Je prends le médaillon, sa chaîne d’argent glissant entre mes doigts comme le sable du désert du Nevada. Le médaillon est couvert de poussière, mais qu’est-ce qui lui est arrivé ? La porte s’ouvre alors et une personne bien familière entre en roulant des mécaniques. "T’en as mis du temps, Korra ! Je pensais que tu n’allais jamais te réveiller, moja piekna !" Mon cœur bondit dans ma poitrine lorsque j’entends sa voix et la façon dont il m'appelle ma belle. J’ai l’impression que ça fait des lustres que je ne l’ai pas entendue. Il m’aide à boire quelques gorgées puis me force à rester allongée. Je sens bien que je suis faible. Après tout, si je me suis prise un tunnel sur la gueule, il y a de quoi.

     "Dès que je sors de là, je vais aller rendre une petite visite aux Héphaïstos, à la colo histoire de leur apprendre que c’est pas sympa de faire péter des tunnels sur les gens." Il me jette un regard interrogateur alors qu’il approche sa chaise de mon lit. "Mais de quoi tu parles ?" C’est à mon tour d’être confuse. "Ne me dit pas que tu as déjà oublié la bataille de Manhattan ! J’étais postée au Holland Tunnel, tu ne te souviens pas, bratie ?" Mon frère, que je l'appelle. "Oh kurva" C’est tout ce qu’il parvient à dire et ce n'est pas bon signe quand le frangin dit oh merde. Lysandre se lève et commence à faire les cent pas dans la pièce, sa main faisant des allers retour entre la poche de son jean troué et sa nuque. Nuque que je parviens à voir d’ailleurs. "Mais qu’est-ce que t’as foutu avec tes cheveux, Santiago ?!" On dirait bien qu’il les a coupés. "Korra, quels sont les derniers évènements dont tu te souviens ? La bataille de Manhattan c’est ça ?" Je hoche la tête en me redressant un peu. "J’ai… j’ai affronté Grace, puis je suis allée dans le tunnel où on m’a assignée. Ils l’ont fait sauter, les salauds !" N’y tenant plus, Lysandre va chercher un miroir et le place devant mon visage. Celui-ci n’est pas trop abimé, mais quelques détails frappants me font écarquiller les yeux : ma coloration est plus blonde que rousse maintenant et mes cheveux sont bien plus longs qu’avant.

     "Putain, Lysandre. Ça fait combien de temps que je suis comme ça ? Combien de temps j’ai été absente ?" Mon cœur se met à battre rapidement dans ma poitrine alors que mon frangin s’assoit à côté de moi et prend mes mains dans les siennes. "Écoute Korra… Beaucoup de choses se sont passées depuis ton accident. Il vaudrait peut-être mieux que ce soit…" Je tique au mot qu’il a employé. "Combien de temps, Santiago ?!" Il soupire et baisse la tête et je sais que j’ai gagné, que quand il fait ça il est sur le point de cracher le morceau. "Presque trois ans. Ça fait trois ans que tu es dans le coma." La réalité me frappe comme une gifle délivrée par mon paternel. Nous gardons un instant le silence. Je fixe le vide et mes lèvres bougent toutes seules, comme dotées d’une vie propre alors que mon cerveau n’arrive pas à assimiler cette dure réalité.

     "Les autres, nos gens. Combien il en reste ?" Il relève la tête. "On a eu pas mal de soucis, y’a eu des départs, des morts, des trahisons, des changements dans la hiérarchie, mais pour faire simple, Johanna est générale, Primo est son second, Alesya est lieutenante et on a plusieurs mains de Gaïa dont notamment Tyler et Jensen. Eloïse est toujours en vie. Elle est dans la 1ère brigade, Alpha. Ah oui, va falloir te foutre dans une brigade toi aussi. Tu crois que t’es toujours d’attaque pour être médecin ?" Je hoche simplement la tête en soupirant de soulagement lorsque je me rends compte que nous sommes encore assez nombreux. "Grace, je l’ai tuée, Lysandre. J'ai tuée notre soeur." Je déclare soudain alors que j’arrête de fixer le vide et plante mon regard dans le sien. Mais ce n’est plus le regard du gamin passionné par les caisses que j’ai connu dans notre enfance. La dure réalité de la vie et le conflit dans lequel nous avons été entrainés a fait de nous des gens brisés, mauvais peut-être. Mais des gens qui ont survécus et qui continueront de survivre. "Je sais." Fut tout ce qu’il dit.

     "Et les autres King ?" Il croise les mains, comme s’il était gêné à propos de ce qu’il s’apprête à me dire. "Tiber est toujours chez les grecs. Et il s’éclate plutôt bien à ce que j’ai entendu dire, il aurait même une copine." Je ris à cette pensée. "Je la plains." Il me sourit. "C’est plutôt lui que je plains, attends de voir quel phénomène il s’est trouvé !" "Il a toujours eu des goûts de merde de toute façon…" "Ouais… Tu ne me croiras jamais, mais Kat’ vivante, il parait qu’elle s’entraine constamment comme une bête, c’est une putain de guerrière en devenir. Elle a fini chez les romains, c’est une fille de Bellone. Rain aussi est là-bas avec elle, c’est une fille d’Hécate. Elles ont survécues à l’incendie qui a tué Sophie." Je grimace à cette pensée. Celle-là pourrait bien nous foutre des bâtons dans les roues et voudra certainement venger Grace, la connaissant. Et puis apprendre autant d’informations d’un coup… Il faut que je me remette dans le bain, sinon je risque de ne pas survivre à un potentiel duel. Attends, des romains ? "Enfin, Rain est celle sur qui j’ai le moins d’info. Elle fait profil bas, ne sort presque jamais, bref j’en sais rien. En gros, ils sont tous à la colo ou au camp romain et ils respirent encore."

     Je secoue la tête essayant d’ordonner mes pensées et de chasser celles que les ‘romains’ pour l’instant, d’abord la famille. "Pas tous. Tu m’as pas parlé de Flynn." Et là, il se mort les lèvres et quitte sa chaise. "Putain Santiago, qu’est-ce qui s’est passé ?" Il fait un tour complet de la salle, les mains dans les poches, avant de me faire face, se trouvant juste devant mon lit cette fois-ci, les mains appuyées dessus pour se soutenir. "Je l’ai tué Valencia ! Voilà ce qui s’est passé ! Nous nous sommes affrontés lorsque nous avons perdu les camps et…" "Attends, vous avez perdu les camps ? Mais depuis quand ils étaient pris ? Et c’est quoi cette histoire de romains maintenant que j’y pense ?" Mais Lysandre semble être parti dans son délire. "Nous nous sommes battus, je l’ai blessé, le fils de chien a failli m’avoir d’ailleurs. Ils l’ont ramené à la colo après qu’on ait été foutus dehors, mais à ce qu’il parait, il a succombé à ses blessures." Je plante mon regard dans le sien. "Ce n’est pas ta faute, il…" "C’est à cause de moi qu’il est mort, putain !" Tout comme j’ai tué Grace…

     Je bascule mes jambes sur le côté. "Qu’est-ce que tu fous ?" Je vire ma couverture, révélant la robe d’hôpital qu’on m’a enfilée je ne sais même pas quand. "Je vais voir Eloïse. Elle me racontera tout ce que j’ai manqué. Sans chouiner." J’indique d’un signe de tête les larmes coulant sur ses joues. "J’ai pas besoin que tu prennes la place de Grace, Santiago !" Il s’approche précipitamment et pose sa main sur mon épaule pour me retenir. "Tu peux pas aller la voir. Parce qu’elle va te botter les fesses pour avoir dormi aussi longtemps. Elle est dans le coin, mais toi tu sais pas te repérer ici." J’observe de nouveau la pièce. "D’ailleurs, c’est où ici ?" Il s’assoit de nouveau en voyant que je ne bouge pas. "New York, mais pas notre camp comme avant. Faut que je te raconte ce qui s’est passé avant que tu fasses n’importe quoi. Y’a plus le camp, on avait un bastion à un moment donné, maintenant on est dans un bunker. Celui de la Grosse Pomme. Y’en a un autre à San Francisco." Et là, il me balance tout ce qui est arrivé durant les trois dernières années à savoir la chute de Cronos, l’arrivée de Gaïa, la découverte du camp des romains, la prise des camps, comment c’était difficile pour lui de faire face constamment aux autres King, du moins ceux qui étaient prisonniers, puis la façon dont ils ont perdu les camps et enfin l’invasion de Los Angeles qui s’est soldé par notre victoire. Comment aussi Hadès et Arès nous ont rejoints et Eris et Illidan, certains démons du Tartare, de nouveaux partisans, l’arrivée des zombies par les failles, les morts qui reviennent à la vie. D’ailleurs à cette pensée, je me demande si Grace et Flynn reviendront. Et enfin la construction d’une ville chez les grecs, Nysa et les conflits semblant s’agrandir entre les romains et les grecs.

     "Tu te fous de ma gueule, Santiago ?" C’est tout ce que je parviens à dire. Malheureusement, il n’a pas l’air de se payer ma tête. Alors tout ce qu’il me restait à faire c’était le croire et accepter que j’avais loupé trois années super importantes de ma vie. Depuis, je déteste les enfants d’Héphaïstos, même si j’ai un peu moins de mal avec les partisans qui ont ce parent divin bien que ce ne soit pas facile de les voir en peinture, je me méfie beaucoup des romains et Katarina est devenue mon ennemie jurée. Il est temps que je me remette dans le bain.


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Lun 25 Mai - 12:56
va prendre une douche, tu pues :swinou:
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Lun 25 Mai - 13:12
Un lien s'impose :swinou: Même si tu aimes pas les enfants d'Héphaïstos nan
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Ma petite quête sur moi
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Les pouvoirs: Sablokinésie et bouclier de sable autonome et restructuration en sable (pouvoir de soin).
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Sly A. Earlington
Percy Jackson Ҩ Member
Lun 25 Mai - 13:30
Re-bienvenue :swinou: bon courage pour ta fiche Very Happy


_________________
    Loneliness
    NOUS DEVONS PASSER PAR LA DOULEUR POUR ESPÉRER L'INDÉPENDANCE. COMBIEN DE FOIS VAIS-JE ÊTRE BLESSE POUR NE PLUS RESSENTIR LA DOULEUR ? L'ÉCOULEMENT DU SANG ME RAPPELLE QUE JE SUIS EN VIE.
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Invité
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Lun 25 Mai - 20:47
    Re-re-re[...]re-re bienvenue ! :maiii:
    Il nous faudra un lien aussi ! Very Happy
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Invité
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Mar 26 Mai - 16:02
Alors je tiens à dire que, oui, tu m'avais prévenue que ta fiche serait longue et tout, mais franchement j'en aurais bien lu plus (j'ai un faible pour les familles nombreuses) (au secours). bave

En d'autres termes, j'exige un lien avec Oswin (elles se connaissent vu que LUKE M'ESPIONNE WTF), Meera & Zeph dans le futur. love

Bref je m'égare héhé. Tu es donc validée (quelle surprise), et dans la deuxième brigade. love

Tu connais le chemin hein :swinou:
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